Tyran

Acre tabac, geôlier impassible de la santé
Tu flambes avec ardeur au bout de mes lèvres sèches
Rouge et fumant tel un volcan meurtrier
Grisonnant la vie, empoisonné comme une flèche.

Tel un ouvrier fantôme tu sèmes le goudron
Sur les voies ventées de mes poumons sales
Comme un brouillard assassin qui se disperse au fond
De mes poches à souffle qui succombent par râles.

Ocrée de nicotine, la mort pend à deux doigts
Dynamite brune comme les ténèbres ou encore
Blond comme le feu tu t'imprègnes en moi,
Raccourcissant mes jours, impitoyable sort.

L'haleine fétide de ma toux s'agrippe à ma laideur
Tabac fumé aie pitié de moi, ilote
Je te consomme goulûment et de ce fait fais mon malheur
Contaminé de vapeurs acerbes et de saveurs sottes.